Faune

Dites non aux photos avec un bébé Gibbons

Pendant vos vacances en Thaïlande, vous serez peut-être abordés par des autochtones qui vous proposeront de faire une photo souvenir avec un petit gibbon dans les bras.

Bien qu’interdit par la loi, ce commerce perdure encore et toujours dans les lieux touristiques car il s’avère très lucratif.

A 200 ou 300 bahts la photo, on estime qu’un bébé gibbon rapporte entre 3 et 4000 bahts par jour, ce qui correspond plus ou moins au salaire mensuel moyen thaïlandais. Ne vous laissez pas abuser par leur aspect adorable et refusez de participer à ce commerce indigne.

En danger d’extinction principalement pour cause de déforestation, toutes les espèces de gibbons qui peuplent les forêts du Sud-Est asiatique apparaissent sur l’annexe I de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées (CITES) qui a été ratifiée par la Thaïlande en 1992. Depuis cette date, le commerce, la chasse et l’exploitation des gibbons sont formellement interdits par la loi.

Souvenez vous que les gibbons que vous verrez sur les plages sont toujours des enfants en bas-âge. Les gibbons sont des animaux sauvages réputés très dangereux. C’est quand ils atteignent l’âge de la puberté, vers six ou sept ans, que leur poussent des canines impressionnantes et qu’ils adoptent un comportement agressif.

Territoriaux, monogames, acrobates hors pair et chanteurs d’exception, les gibbons sont des animaux magnifiques. On dit d’eux qu’ils sont les plus petits des grands singes. Ils vivent à l’état sauvage au sein d’un groupe familial composé de trois ou quatre individus : la mère – qui est la dominante du groupe – et le père qui se promettent fidélité jusqu’à la mort, un jeune prépubère et bien souvent un nouveau-né agrippé sur le ventre de la mère.

Derrière une photo innocente il y a un massacre !

Le seul moyen d’attraper un gibbon exploitable est de tuer la mère quand le bébé vit encore sur son ventre. On estime que lors de cette chasse où la mère chute du haut de son arbre, le bébé meurt dans au moins trois cas sur quatre et que le reste du groupe est condamné à une mort certaine.

Proteger les gibbonsRappelez vous qu’un gibbon n’a rien à faire sur une plage et encore moins dans un bar. Les gibbons vivent dans les arbres. Chaque groupe occupe un territoire de forêt vierge allant de 25 à 40 hectares que les adultes protègent par de violentes attaques mordantes.

Ils jouent un rôle essentiel dans la diversité, la bonne santé et la régénérescence de la forêt de par leur rôle de jardinier qu’ils assurent en se nourrissant des fruits et en répartissant les graines sur tout leur territoire. La forêt thaïlandaise ne peut vivre sans les gibbons.

Partout où les gibbons ont disparu, la forêt – avec toutes les autres espèces qui vivent en son sein – est condamnée à une mort inexorable.

N’oubliez pas que derrière chaque gibbon que vous croiserez pendant vos vacances en Thaïlande se cache le massacre d’au moins trois ou quatre familles de gibbons sauvages – c’est-à-dire une douzaine d’individus – ainsi que la destruction lente et inexorable de 75 à 120 hectares de forêt vierge.

Plutôt que de donner de l’argent pour ces photos stupides et illégales, posez la bonne question à ceux qui les exploitent : « Il est mignon ce bébé, mais où est sa maman ? ».

Ne soutenez pas ce commerce infâme. Ne vous laissez pas photographié avec un bébé gibbon dans les bras.

Voir aussi :

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Phuket, le guide complet pour découvrir la Perle d’Andaman

Jean-Sébastien Henry a travaillé durant trois ans en tant que volontaire au Gibbon Rehabilitation Project de Phuket en Thaïlande.

Photos : GRP

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